CRHISM [Université de Perpignan-Via Domitia]

Actualités 2014-2015

 

 

Séminaire du CRHiSM EA 2984 mercredi 12 novembre 2014


Florent Hautefeuille

TRACES – UMR5608 – Equipe TERRAE

 

Mesurer les dynamiques de peuplement à la fin du Moyen Age : l’exemple de la châtellenie de Castelnau-Montratier (Quercy)

16 h – 18 h 00

Université de Perpignan Via Domitia

Salle des Actes du CRHiSM

Bâtiment Y, 1er étage gauche

 

 

Résumé de l’intervention
L’étude d’un territoire comme celui de la châtellenie de Castelnau-Montratier dans le Lot a été réalisée dans une double optique. Faire émerger une carte archéologique très fine d’un petit territoire de manière a mieux comprendre les dynamiques de peuplement du second Moyen Age et du début de l’époque Moderne, et ancrer ces résultats dans des questionnements beaucoup plus larges permettant une mise en perspective des données à l’échelle nationale voire européenne.Pour cela une méthodologie spécifique a été mise en œuvre. Elle repose sur une très forte interdisciplinarité. Outre une enquête archéologique classique (prospection et fouille), l’étude repose sur une exploitation poussée des sources écrites. Le secteur d’étude a en effet été choisi en fonction des possibilités offertes par une très forte densité de documents. Deux projets ANR ont permis de développer des méthodes d’analyses de cette documentation écrite (GRAPHCOMP et MODELESPACE). C est en particulier l’utilisation de graphes mathématiques qui a permis le traitement massif des microtoponymes et des anthroponymes, permettant des identifications et des localisations de très nombreux sites des XIII-XIXème siècles.Le territoire de la châtellenie s’étend sur 7 communes actuelles. L’enquête a été menée selon plusieurs niveaux de précisions en fonction des secteurs, allant d’une approche systématique à un échantillonnage thématisé. Il a cependant été possible, par recoupement de plusieurs approches, de proposer des estimations globales de nombres de site. Le territoire comportait ainsi 12 villages vers 1300. Seuls cinq d’entre eux existent encore de nos jours. Mais l’essentiel du peuplement se concentrait dans les mas et bordes qui formaient la colonne vertébrale du système économique et social. Sur les 7 communes d’étude, on peut ainsi estimer que plus de 500 mas et bordes accueillaient la grande majorité des feux. Le bourg de Castelnau, chef-lieu de châtellenie ne devait compter qu’entre 200 et 300 feux, avec une très faible part d’agriculteurs. L’enquête a également permis de donner un aperçu précis de l’équipement dont disposer la population, à l’échelle du mas, mais aussi à l’échelle de la seigneurie. Elle fait émerger un mas comme une micro communauté d’une centaine d’hectares en moyenne, disposant assez fréquemment d’un moulin bladier, d’un four, d’un souterrain et d’un petit communal. Au total la châtellenie devait compter une centaine de moulins à la fin du Moyen Age, pour l’essentiel des moulins à eau à une ou deux meules. Les moulins à vents n’apparaissent qu’à la fin du XIIIeme siècle. Ils ne sont cependant encore qu’une poignée vers 1500.

Par ailleurs l’étude a permis de mieux comprendre les dynamiques de ce peuplement, en particulier en période de crise. Il a ainsi pu être démontré que la crise majeure que connaît la région d’étude entre 1340 et 1440 n’a pas été linéaire. Des mas ont pu continuer à croître bien au-delà de 1350. L’abandon du pôle d’habitat n’a souvent pas excédé deux générations. En outre, il ressort clairement qu’il faut dissocier l’abandon d’un habitat de celui d’un finage. Ainsi, lors de la phase de reprise des années 1440-1460, les familles d’immigrants reprennent les anciens cadres que constituent les mas et dans la plupart des cas, remettent en état des bâtiments encore bien visibles dans le paysage. La fouille du mas de Maurelis a bien montré la fracture de la crise de la fin du Moyen Age. Mais l’archéologie sédimentaire ne permet pas de phaser avec une précision suffisante un processus qui se joue à l’échelle d’une ou deux générations humaines. C’est ce dernier point qui a permis d’élargir le propos et de mettre ces résultats en perspective. Face aux 500 sites d’habitat dispersé recensés sur ces 7 communes, l’archéologie récente du sud-ouest de la France fait apparaître des découvertes anormalement peu abondantes. Seuls 44 sites sont archéologiquement recensés pour les trois régions Midi-Pyrénées, Aquitaine et Limousin.Des comparaisons avec des données du nord-ouest font apparaître des découvertes de 7 à 13 fois moins nombreuses (respectivement pour les second et premier Moyen Age). L’hypothèse développée à partir du corpus de Castelnau tendrait à laisser penser que cette dichotomie provient de la nature même du peuplement. Le peuplement par mas s’est traduit par une très forte résilience, et ce malgré des périodes d’abandons provisoires des noyaux d’habitations. Mais là où le village a finalement mal résisté, le mas et ses avatars a montré une très forte capacité d’adaptation. C’est donc très vraisemblablement sous les habitats dispersés modernes et contemporains que se situent les habitats médiévaux que l’archéologie préventive peine toujours a faire émerger, malgré des centaines d’hectares sondés depuis deux décennies.

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Séminaire du CRHiSM : Mercredi 15 octobre

 

« L’analyse des données en histoire »

Eric Fabre

Université d’Aix-Marseille, UMR 7303 TELEMME et chercheur associé au CRHiSM EA 2984

 

16h-18h

Université de Perpignan Via Domitia

Salle des Actes du CRHiSM

Bâtiment Y, 1er étage gauche

 

 

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L’analyse de données désigne un ensemble de techniques statistiques qui permettent de traiter de gros lots d’information, quelle que soit la nature de cette information (chiffrée, textuelle, etc.). Par extension, dans le cadre des sciences humaines, on peut associer à ces techniques toutes celles, relevant de la statistique classique, qui permettent de traiter des données. Ces techniques, en dépit de leur puissance, restent le plus souvent méconnues des étudiants avancés et des chercheurs de SHS. Plus que les autres, la sociologie les mobilise, parfois la géographie, pour traiter les résultats bruts d’enquêtes de terrain. Les autres sciences humaines, telles que l’histoire, trouveraient pourtant de grands avantages à les connaître, si ce n’est à les maîtriser.

Le but premier de ce séminaire, en dehors de toute recherche d’autonomie dans leur usage par les assistants, de simplement prendre conscience de l’existence et de l’intérêt de ces méthodes. Cet objectif sera recherché par l’exposé de cas concrets de recherches récentes ayant utilisé l’une ou l’autre des techniques de l’analyse des données. Il s’agit donc là avant tout de prendre connaissance de l’existence de méthodes qui peuvent aider les chercheurs dans l’interprétation de leurs résultats.

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Université du Patrimoine de Carcassonne

Médiations du patrimoine urbain, Regards des sciences humaines et partage d’expériences » du 13 et 14 octobre 2014

 

Inaugurée en septembre 2014, l’exposition  Carcassonne : villes médiévales permet aux visiteurs ainsi qu’aux Carcassonnais de découvrir ou de redécouvrir l’histoire de la ville et de sa double urbanisation. La conception et la mise en forme de ce dispositif de médiation constituent une expérience singulière, que l’on peut à bien des égards considérer comme l’amorce d’une dynamique nouvelle, aussi bien dans le domaine de la valorisation et de la promotion des patrimoines carcassonnais, que dans celui du partage, avec le plus grand nombre, des savoirs spécifiques attachés à ces patrimoines. Combinant différents types de médiation, dans et hors les murs (dessin,
participation des habitants, parcours dans la ville, conférences, livre,…), l’exposition et ses activités dérivées décrivent à elles seules un large éventail de possibles. C’est à explorer quelques unes de ces modalités que nous nous essaierons, dans le cadre de cette 4 ème session de l’université du patrimoine de Carcassonne, afin d’enrichir la boîte à outils et d’alimenter la réflexion des acteurs, présents et futurs, du patrimoine urbain. Plus spécialement axé sur les médiations numériques et les médiations participatives, le programme procède d’un parti-pris résolument double, articulant partage d’expériences et mises en perspective par les sciences humaines.

Pour le programme complet, cliquez ci dessous :

programme université du Patrimoine Carcassonne

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Séminaires du laboratoire : année universitaire 2014-2015

De 16 heures à 18 heures

Salle des actes du CRHiSM

Bâtiment Y, 1er étage gauche

Université de Perpignan Via Domitia

 

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Le CRHiSM (EA 2984) consacre, durant l’année universitaire 2014-2015, six séminaires aux questions de méthode dans les sciences historiques.

Mercredi 15 octobre 2014 : « L’Analyse des données en histoire », Éric Fabre, Université d’Aix-Marseille, UMR 7303 TELEMME et chercheur associé au CRHiSM EA 2984.


Mercredi – novembre 2014 : « Mesurer les dynamiques de peuplement à la fin du Moyen Age : l’exemple de la châtellenie de Castelnau-Montratier (Quercy) », Florent Hautefeuille (Université de Toulouse II, Jean Jaurès – Laboratoire TRACES – UMR 5608)


Mercredi 17 décembre 2014 : « Mobilités, échanges, réseaux, capitaux : des hommes, des animaux et des territoires (Languedoc-Catalogne), à l’époque moderne : Marc Conesa Université de Montpellier III, EA CRISES et chercheur associé au CRHiSM EA 2984.


Mercredi 11 février 2014 : « Les bases de données historiques: principes de réalisation», Jean-Pierre Dedieu, CNRS, LARHRA UMR 5190.


Mercredi 11 mars 2015 : «  L’organisation des ventes et leurs évolutions juridiques dans le monde grec», Véronique Chankowski, Université de Lyon 2, Directrice de l’UMR 5189 HiSoMA (Histoire et sources du monde antique).


Mercredi 8 avril 2015 : « L’archéologie des sanctuaires dans le monde grec: restituer les échelles d’espace et de temps» François de Polignac, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques UMR 8210.

 

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Séminaire MEFROP CRHiSM EA 2984 avec GIS IPAPIC; Association Trajectoires; Fondation Solidarité Université de Barcelone (FSUB)-Observatoire Européen des Mémoires (EUROM)

Mémoires d’Europe aux Frontières des Pyrénées

Histoire, patrimoine, politiques et modèles culturels

Ce territoire est caractérisé par une multiplicité et une richesse des mémoires. Des nombreux acteurs (associatifs, institutionnels et universitaires) sont engagés dans l’étude, les pratiques et les politiques mémorielles. Il s’agit donc, par le biais d’un projet multiculturel transfrontalier autour du patrimoine mémoriel et au moyen notamment des ressources numériques, de configurer un réseau de travail sur la longue durée en réalité, à créer une structure permanente. Le projet veut faire valoir l’expérience, l’expertise et le savoir faire des différents acteurs impliqués dans le domaine des politiques de l’histoire, de la mémoire et du patrimoine, la question des politiques de mémoire européenne ainsi que les mémoires actuelles des sociétés de frontière. Nous travaillons la question de la Mémoire, en tant que domaine transversal, pluridisciplinaire. Il s’agit d’un sujet de premier ordre pour l’Europe actuelle, au regard de son rapport aux conflits du passé récent, avec un regard croisé entre la force héritée des conflits européens et la perméabilité actuelle du symbolisme des limites administratives des États européens. le projet entend consolider un pôle de travail permanent, de débat et d’apprentissage à un ancrage territorial plus solide, comprenant autant les acteurs publics que privés. L’étude de la frontière est en elle-même un univers permanent d’interculturalité. Mais l’importance de ce projet est d’établir les lignes de travail, les réseaux sociaux et académiques pour analyser et mettre en valeur la richesse, diverse et exemplaire, de l’histoire et la mémoire transfrontalière de ce territoire avec un grand potentiel transdisciplinaire, transnational et multiculturel. C’est un projet qui est ouvert par les biais des séminaires permanents à des participations et des domaines culturels élargis.

Organisation:

Université de Perpignan Via Domitia; Centre de Recherches Historiques sur les Sociétés Méditerranéennes; GIS IPAPIC; Association Trajectoires; Fondation Solidarité Université de Barcelone (FSUB)-Observatoire Européen des Mémoires (EUROM)

Séminaire MEFROP

Mémoires d’Europe aux Frontières des Pyrénées

Pour le programme complet : cliquez ci-dessous

https://crhism.files.wordpress.com/2014/10/mefrop-progdeffren-2.pdf